Psychotraumatisme : comprendre et se reconstruire
Qu'est-ce que le psychotraumatisme ?
Certains événements laissent des traces profondes. Un accident, une agression, un deuil brutal, une violence vécue ou témoin… Ces expériences peuvent bouleverser durablement ton rapport au monde, à toi-même et aux autres. C'est ce que l'on appelle le psychotraumatisme.
Le psychotraumatisme désigne l'ensemble des répercussions psychologiques consécutives à un événement perçu comme une menace pour son intégrité physique ou psychique. Il ne s'agit pas d'une faiblesse, ni d'une réaction anormale : c'est la réponse naturelle d'un esprit humain confronté à quelque chose d'insupportable.
En clinique, on distingue deux grandes formes de psychotrauma :
Le trauma simple, lié à un événement ponctuel (accident, agression, catastrophe naturelle) ;
Le trauma complexe, résultant d'expositions répétées ou prolongées (violences conjugales, abus dans l'enfance, maltraitance).
👉 Ce concept a été formalisé par la psychiatre Judith Herman dans Trauma and Recovery (1992), ouvrage fondateur qui reste une référence mondiale dans la compréhension des traumatismes chroniques.
Dans les deux cas, le vécu traumatique peut évoluer vers un Syndrome de Stress Post-Traumatique (SSPT).
👉 Le SSPT touche environ 3,9 % de la population mondiale au cours de la vie (Koenen et al., 2017 repris par l'OMS, 2024), avec des taux significativement plus élevés chez les personnes exposées à des violences interpersonnelles (Kessler et al., 2017).
Les symptômes les plus courants du SSPT sont : les reviviscences (flashbacks, cauchemars), l'hypervigilance, l'évitement et un sentiment persistant de danger ou de déconnexion de soi.
👉 Le psychiatre Bessel van der Kolk (2014), a montré que le trauma ne se loge pas seulement dans les pensées, mais aussi dans le corps : il modifie en profondeur le système nerveux, la mémoire et la perception de soi. De son côté, la psychiatre française Muriel Salmona (2013) l'importance de la mémoire traumatique et des mécanismes de dissociation qui accompagnent souvent les traumatismes graves.
Comment savoir si l'on souffre d'un psychotraumatisme ?
Il n'existe pas de portrait unique du trauma. Certaines personnes ressentent une détresse immédiate, d'autres voient les symptômes apparaître des semaines, voire des mois plus tard — on parle alors de SSPT à expression retardée. Le psychiatre Louis Crocq (2007), rappelle que chaque réaction traumatique est unique et dépend de nombreux facteurs individuels, environnementaux et contextuels.
Certains signes peuvent être évocateurs d'un SSPT :
Des images ou souvenirs intrusifs qui surgissent sans prévenir ;
Un état de tension permanente, une irritabilité inhabituelle ;
Des difficultés à dormir, à vous concentrer ;
Un sentiment d'être coupé·e de vos émotions ou de votre entourage ;
L'envie d'éviter tout ce qui vous rappelle l'événement.
Si tu te reconnais dans ces descriptions, tu n'êtes pas seul·e — une thérapie trauma en ligne peut t'aider à trouver le chemin de la résilience.


L'accompagnement du psychotraumatisme


Se remettre d'un traumatisme, ce n'est pas tourner la page, c'est apprendre à en écrire une nouvelle, à son rythme, avec les bons outils. C'est dans cette conviction que j'ai choisi de me spécialiser dans l'accompagnement du psychotraumatisme.
J'accompagne les adultes confrontés au psychotraumatisme avec une approche fondée sur les Thérapies Cognitives et Comportementales (TCC). Les TCC centrées sur le trauma — notamment la thérapie de traitement cognitif développée par Patricia Resick (1992) et la thérapie d'exposition prolongée codéveloppée par Edna B. Foa (2007) — figurent parmi les traitements de première intention recommandés par la HAS (2020) et l'INSERM (2004).
Concrètement, cela passe par :
Une psychoéducation sur le psychotrauma et ses effets, pour mieux comprendre ce que l'on vit ;
Un travail progressif sur les pensées, croyances et émotions liées à l'événement ;
La reconstruction d'un sentiment de sécurité intérieure et de confiance ;
Des exercices concrets pour ancrer les changements dans le temps.




Là où les mots atteignent parfois leurs limites, les MAP ouvrent une autre voie. Ils permettent notamment :
De traiter les psychotraumatismes simples et complexes en créant un espace de soin sécure ;
D'activer la résilience face à des événements douloureux, même non traumatiques au sens clinique ;
De travailler sur des émotions enkystées, difficiles à verbaliser ou à conscientiser.
Les MAP s'intègrent naturellement dans le fil d'une séance, lorsque les conditions sont réunies et que cela fait sens.
Ce qui me tient à cœur, c'est de ne pas enfermer les personnes que j'accompagne dans une seule méthode. La combinaison TCC-CT et MAP me permet d'adapter l'accompagnement à chaque profil, chaque histoire, chaque rythme. Souvent, les deux se complètent au fil du suivi.
Les séances se déroulent à distance, par visioconférence ou par téléphone, ce qui te permet d'être accompagné·e depuis l'endroit dans lequel tu te sens le plus en sécurité.
👉 Sijbrandij et al. (2016) ont montré que la TCC délivrée à distance présente une efficacité comparable à la thérapie en présentiel pour le traitement du SSPT.
Pourquoi consulter ?
Parce que le trauma ne disparaît pas seul avec le temps. Parce que tu mérites de retrouver une vie dans laquelle le passé n'envahit plus le présent. Et parce qu'avancer, ça se fait plus facilement à deux.
Je te propose un espace confidentiel, sans jugement, où ton rythme est respecté et ton vécu est pris au sérieux.


La Thérapie Cognitivo-Comportementale Centrée sur le Trauma (TCC-CT) est l'approche validée et spécialisée pour le traitement des Troubles de Stress Post-Traumatiques (TSPT) simples et complexes. Elle repose sur un principe fondamental : le traumatisme laisse des traces dans la façon dont le cerveau traite les souvenirs, les émotions et les sensations. La thérapie vise à retravailler ces mécanismes pour que le souvenir traumatique perde de son emprise sur le quotidien.


Cette approche est particulièrement indiquée pour les personnes ayant vécu des événements difficiles : accidents, deuils traumatiques, violences (physiques, psychologiques, sexuelles), situations de précarité, expériences humiliantes ou menaçantes.
👉 La méta-analyse de Bisson et al. (2013) conclue que les TCC axées sur le trauma produisent une réduction significative et durable des symptômes de SSPT.
👉 La psychologue Christine Courtois (2009), spécialiste du trauma complexe, insiste par ailleurs sur l'importance d'une approche progressive et sécurisante, particulièrement pour les traumatismes répétés.
Références
Bisson, J. I., Roberts, N. P., Andrew, M., Cooper, R., & Lewis, C. (2013). Psychological therapies for chronic post-traumatic stress disorder (PTSD) in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews, 12, CD003388. https://doi.org/10.1002/14651858.CD003388.pub4
Courtois, C. A., & Ford, J. D. (2009). Treating complex traumatic stress disorders: An evidence-based guide. Guilford Press.Crocq, L. Les Traumatismes psychiques. Masson, 2007.
Crocq, L. (2007). Traumatismes psychiques : Prise en charge psychologique des victimes. Masson.
Foa, E. B., Hembree, E. A., & Rothbaum, B. O. (2007). Prolonged exposure therapy for PTSD: Emotional processing of traumatic experiences – Therapist guide. Oxford University Press.
Herman, J. L. (1992). Trauma and recovery: The aftermath of violence – from domestic abuse to political terror. Basic Books.
Kessler, R. C., Aguilar-Gaxiola, S., Alonso, J., Benjet, C., Bromet, E. J., Cardoso, G., Degenhardt, L., de Girolamo, G., Dinolova, R. V., Ferry, F., Florescu, S., Gureje, O., Haro, J. M., Huang, Y., Karam, E. G., Kawakami, N., Lee, S., Lepine, J.-P., Levinson, D., … Koenen, K. C. (2017). Trauma and PTSD in the WHO World Mental Health Surveys. European Journal of Psychotraumatology, 8(Suppl. 5), 1353383. https://doi.org/10.1080/20008198.2017.1353383
Koenen, K. C., Ratanatharathorn, A., Ng, L., McLaughlin, K. A., Bromet, E. J., Stein, D. J., Karam, E. G., Meron Ruscio, A., Benjet, C., Scott, K., Atwoli, L., Petukhova, M., Lim, C. C. W., Aguilar-Gaxiola, S., Al-Hamzawi, A., Alonso, J., Bunting, B., Ciutan, M., de Girolamo, G., … Kessler, R. C. (2017). Posttraumatic stress disorder in the World Mental Health Surveys. Psychological Medicine, 47(13), 2260–2274. https://doi.org/10.1017/S0033291717000708
Organisation mondiale de la Santé. (2024). Trouble de stress post-traumatique [Fiche d'information]. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/post-traumatic-stress-disorder
Resick, P. A., & Schnicke, M. K. (1992). Cognitive processing therapy for sexual assault victims. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 60(5), 748–756. https://doi.org/10.1037/0022-006X.60.5.748
Salmona, M. (2013). Le livre noir des violences sexuelles. Dunod.
Sijbrandij, M., Kunovski, I., & Cuijpers, P. (2016). Effectiveness of internet-delivered cognitive behavioral therapy for posttraumatic stress disorder: A systematic review and meta-analysis. Depression and Anxiety, 33(9), 783–791. https://doi.org/10.1002/da.22533
van der Kolk, B. A. (2014). Le corps n'oublie rien : le cerveau, l'esprit et le corps dans la guérison du traumatisme [The body keeps the score] (F. Weil, trad.). Albin Michel.
Haute Autorité de Santé. (2020). Évaluation et prise en charge des syndromes psychotraumatiques – Enfants et adultes : Note de cadrage. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3215922/fr/evaluation-et-prise-en-charge-des-syndromes-psychotraumatiques-enfants-et-adultes-note-de-cadrage
Institut national de la santé et de la recherche médicale. (2004). Psychothérapies : Trois approches évaluées (Rapport d'expertise collective). INSERM. https://www.inserm.fr
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Mathilde Lejeune - Psychologue itinérante
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